Bienvenue sur DGSE.INFO, site d'information sur la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure).
La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) avant 1982, est le service de renseignement extérieur de la France.

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Reportage de 45 minutes sur les héros de la République, gardiens de la Démocratie.

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Dossier emploi France 5 sur la DGSE

Devenir espion à la DGSE
Si vous avez toujours rêvé d'être le James Bond ou la Mata
Hari version française sans jamais oser en parler, voici des pistes
qui pourront sans doute vous aider à percer le monde des agents secrets.
Et peut-être, qui sait, à intégrer cet univers mystérieux.
La formation
On entre à la DGSE par la voie du concours.
Il existe deux statuts parmi le personnel de la DGSE : celui des fonctionnaires civils (3244 agents) et celui des militaires (1369 personnes). Ces fonctionnaires sont recrutés par voie de concours dans des corps d'appellation propre mais correspondant aux trois catégories de la fonction publique classique (A, B et C). Si vous êtes plutôt attiré par les péripéties à la OO7, visez le concours A.
Différentes filières sont proposées :
Catégorie A (en 2004, un poste ouvert pour 38 candidats)
Corps des délégués : concours option "renseignement
et administration générale", option "science de l'ingénieur",
option "interprétariat et traduction"
Catégorie B
Corps des secrétaires de documentation
Corps des contrôleurs des transmissions
Corps des secrétaires spécialistes
Catégorie C
Corps des agents techniques de l'électronique
Corps des adjoints administratifs
La DGSE recrute également par voie de détachement ou par affectation de fonctionnaires de corps interministériels (une dizaine par an).
L'emploi
Depuis 10 ans, l'agence connaît une progression constante de ses effectifs.
Dans Armées d'aujourd'hui de décembre 2002 , la DGSE décrivait pour la première fois le métier d'agent secret. En mars 2005, l'agence a ouvertement passé une annonce de recrutement de nageurs de combat, des professionnels qui avaient fait parler d'eux lors de l'affaire du Rainbow Warrior.
Côté opération, c'est en décembre 2004 que la
DGSE s'est illustrée dans la libération de deux journalistes
français retenus en Irak. Services Action, Renseignement et Communication
ont tout mis en oeuvre pour récupérer les otages. La CIA n'aurait
pas fait mieux !
A croire que tout va bien pour la DGSE puisque des créations d'emplois
sont prévues par le projet de loi de finances 2005 : 20 postes dont
15 ingénieurs contractuels. Depuis 10 ans, l'agence a connu une progression
constante de ses effectifs. En 2004, il y avait un millier de postes de plus
qu'en 1994.
Côté budget, 267,7 millions d'euros pour les services secrets en 2005, soit une augmentation de 4,4 %. De quoi vous fournir la panoplie de James Bond !
Les nouveaux espions travaillent beaucoup désormais sur le terrain économique et industriel. La DGSE rattrape le retard français en entrant de plain-pied dans le jeu de la guerre économique. Acte fort de cette nouvelle politique : le 31 décembre 2003, le président de la République a nommé Alain Juillet haut responsable chargé de l'intelligence économique. Il s'agit de l'ancien directeur du renseignement à la DGSE...
L'objectif est de défendre et d'étendre l'activité des entreprises françaises dans les domaines dits "sensibles". Pour cela, les services secrets français possèdent aujourd'hui leur "In-Q-Tel". Conçu sur le modèle des fonds d'investissement américains de la CIA, ce dispositif de 200 millions d'euros finance des entreprises stratégiques afin de maintenir certaines technologies dans le giron national (nanotechnologie, aéronautique...).
Jean-Jacques Cécile, ex-agent secret
Jean-Jacques Cécile revient sur son parcours d'agent des renseignements
français et livre des conseils aux futurs espions.
Aujourd'hui journaliste indépendant, Jean-Jacques Cécile est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'espionnage militaire et économique.
Comment êtes-vous devenu un "espion" ?
"Je préfère le terme "agent de renseignement"
qui est moins péjoratif dans le milieu. L'espion à la 007 ne
réprésente qu'une petite partie du personnel impliqué
dans ce qu'on appelle "l'espionnage". J'ai commencé ma carrière
au 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP) qui forme des commandos
destinés à être largués derrière les lignes
ennemies pour observer et transmettre le renseignement. C'est une partie du
renseignement d'origine humaine, qui comprend aussi les espions solitaires,
l'interrogation de prisonniers, le contact avec les services étrangers,
l'interrogation des populations sur place ou des réfugiés...
J'ai ensuite fréquenté le Secrétariat général
de la défense nationale (SGDN), puis le bureau Renseignement de l'état-major
de la Première Armée avant qu'elle ne soit dissoute et tombe
sous le contrôle de la Direction du renseignement militaire (DRM)."
Quelles sont les qualités requises pour être agent sur le terrain
?
"Il faut être très professionnel, autonome, prendre les
bonnes décisions, ne pas craindre la solitude, être psychologiquement
stable. Ces qualités s'acquièrent dans des filières officieuses,
mais bien réelles qui passent notamment par le 13e RDP."
Comment la DGSE recrute-t-elle ses agents de terrain ?
"Certains nageurs du Service Action de la DGSE sont maintenant recrutés
dans le 13e RDP. C'est assez récent puisque le "13" ne forme
des nageurs de combat que depuis peu. La DGSE recrute dans toutes les unités
de l'Armée de Terre. Les appels à candidature sont tenus plus
ou moins secrets par les chefs de corps qui ne veulent pas toujours voir partir
leurs meilleurs éléments."
La DGSE n'a pas encore de site Internet, comme celui de la CIA ou de la NSA,
mais on parle beaucoup d'elle depuis la libération des otages en Irak
et la parution de son annonce de recrutement dans Armée d'aujourd'hui.
A-t-elle changé de politique de communication ?
"Tout est affaire de besoin et il se trouve que lorsque la DGSE recrute,
elle passe par d'autres médias qu'Internet, notamment par la revue
Armée d'aujourd'hui. Malgré l'augmentation de la proportion
de civils au sein de son personnel, la DGSE est encore très liée
au domaine militaire, notamment pour tout ce qui concerne le Service Action.
Mais peut-être qu'un jour, elle aura son site Internet."
Quel conseil pourriez-vous donner à quelqu'un qui veut se lancer dans
l'espionnage ?
"Surtout ne pas être mythomane. La DGSE n'a pas besoin de Rambo.
L'endurance est la qualité principale, mais elle tient plus au mental
qu'au physique. Au sein des commandos marine, on dit que le bon nageur de
combat n'est pas un pur-sang, mais un cheval de labour, qui sait durer dans
l'effort."
Qu'en est-il de l'espion économique ?
"Il n'y a pas de distinction à faire entre un espion économique
et un espion militaire. L'espionnage industriel ou économique n'est
pas du tout nouveau. Il a toujours existé. Certains le redécouvrent
peut-être maintenant. L'espion est avant tout quelqu'un qui sait s'adapter
à de nouveaux marchés et à de nouvelles missions. Il
sera peut-être habillé différemment, ses techniques et
les technologies utilisées ne seront pas les mêmes, mais la finalité
restera identique. Par exemple, on peut être amené à faire
du renseignement économique en Irak : l'espion économique adoptera
alors des modes d'action très proches des espions militaires qui oeuvrent
sur le terrain, en uniforme ou en civil."
En ce qui concerne l'intelligence économique, la France donne l'impression
qu'elle vient tout juste de se lancer dans la bataille...
"Officiellement, cela fait longtemps que la France s'est lancée
dans cette bataille, mais elle s'était contentée jusque-là
de déclarations d'intention. Les entreprises françaises ont
accumulé un certain retard."
Pourquoi ?
"La première raison, c'est l'état d'esprit. On croit, dans
l'armée comme dans l'industrie, que le chef sait tout et qu'il n'a
ainsi pas besoin d'être renseigné. La deuxième raison
tient aux coûts importants du renseignement économique. Les consultants
spécialisés dans ce domaine ont du mal à négocier
avec les responsables industriels, pour la plupart encore frileux et peu enclins
à réaliser de gros investissements."
Adresses utiles
DGSE
Direction générale de la sécurité extérieure
141 boulevard Mortier
75020 Paris
Bureau des concours des armées
Ministère de la Défense
BCAC-CG n°196
14, rue Saint-Dominique
00449 Armées
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Téléchargez ici l'article de Wikipedia sur la DGSE en pdf
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Fonctionnement
Sous l’autorité du ministre français de la Défense, elle est chargée, selon les termes du décret n° 82-306 du 2 avril 1982, qui a procédé à sa refondation, « de rechercher et d’exploiter les renseignements intéressant la sécurité de la France, ainsi que de détecter et d'entraver, hors du territoire national, les activités d'espionnage dirigées contre les intérêts français afin d’en prévenir les conséquences ». Avant ce décret, ce service s’appelait le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).
La DGSE est membre de la Communauté Française de renseignement.
Organisation
La DGSE comprend les services suivants :
- la direction de l’administration ;
- la direction des opérations (dont le service action ou SA est une
composante), chargée des opérations clandestines ;
- la direction du renseignement ;
- la direction de la stratégie ;
- la direction technique, qui recherche et exploite les renseignements d’origine
technique, propose et met en œuvre les orientations de la DGSE dans les
domaines techniques ;
- Alliance Base, service de contre-terrorisme mis en place par Jacques Chirac
au lendemain du 11 septembre 2001, qui s’occupe d’opérations
conjointes avec la CIA et d’autres services étrangers. Financé
par le volet CTIC de la CIA, révélé d’abord par
la journaliste Dana Priest du Washington Post 1. Alliance Base va au-delà
de simples échanges d'information : elle aurait participé à
une soixantaine d’opérations actives, aboutissant à des
emprisonnements à Fresnes. En outre, il semblerait que la CIA finance
le transport de personnes suspectées par l’État français
de crimes en rapport avec le terrorisme jusqu’au territoire français
— si cela diffère bien entendu des renditions extraordinaires
de la CIA, il s’agit bien d’opérations illégales,
puisque ces personnes ne sont pas arrêtées de manière
légale, mais bien emmenées en France clandestinement, avant
d’être arrêtées à l'aéroport (Washington
Post, 2 juillet 2005).
- la direction générale, chapeautant le tout.
La Division Action
La Division Action est chargée de la planification et de la mise en œuvre des opérations clandestines.
La Division Action remplit aussi des missions d’évaluation de la sécurité de divers bâtiments comme les centrales nucléaires d’EDF (comme l'a dévoilé Le Canard enchaîné dans son article « Quand la DGSE posait de fausses bombes à Bugey » du 25 avril 1990), ainsi que des bâtiments militaires comme des installations de réparations des sous-marins nucléaires de Brest.
Son QG est au fort de Noisy-le-Sec.
Les chefs du Service Action et de la Division Action :
1971-1976 : colonel André Devigny
1976-1980 : colonel Gaigneron de Marolles
1980-1982 : colonel (puis général) Georges Grillot
1982 – novembre 1984 : colonel Jean-Pol Desgrees du Lou
Novembre 1984 - 1986 : colonel Jean-Claude Lesquier
1986 – septembre 1987 : colonel (puis général de brigade)
Jean Heinrich
Septembre 1987 – décembre 1989 : colonel Pierre-Jacques Costedoat
Décembre 1989 - ? : Christian Vie
L’actuelle Division Action de la DGSE est issue du Service Action du SDECE. Le bras armé du Service Action était le 11e bataillon parachutiste de choc (11e BPC) ou « 11e Choc ».
Il fusionne avec le 12e BPC de Calvi en octobre 1955 pour donner naissance à la 11e demi-brigade parachutiste de choc (11e DBPC), qui mènera un grand nombre d’opérations pendant la guerre d'Algérie. Le 16 avril 1956 est créé le Centre d’instruction des nageurs de combat (CINC), intégré à la 11e DBPC. Le 26 octobre 1960, le CINC est transféré à Aspretto (Corse).
En réalité, le CINC est l’unité des nageurs de combat de la DGSE, et la formation de ceux-ci est assurée par l’école de plongée (CNC :cours nageurs de combat) de Saint-Mandrier.
La 11e DBPC est dissoute le 31 décembre 1963 suite à la fin de la guerre d'Algérie, et ses missions sont en partie reprises par les soldats du 13e régiment de dragons parachutistes (13e RDP) et du GO (groupement opérationnel) du 1er régiment parachutiste d'infanterie de marine (1er RPIMa), généralement pour des opérations contre des guérillas d’idéologie plus ou moins marxistes en Afrique.
Le Service Action, très réduit depuis la dissolution de la 11e DBPC, est reformé et redynamisé à partir de 1971 sous la direction d’Alexandre de Marenches.
En 1981, le Service Action est renommé Division Action, même si le nom de Service Action perdure.
Le 4 avril 1982, le SDECE est remplacé par la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). La Division Action se fait rapidement mal voir du nouveau gouvernement socialiste, avec ses échecs au Liban en riposte à l’attentat du Drakkar en 1983, et surtout le sabotage du Rainbow Warrior de Greenpeace le 10 juillet 1985 et l’affaire des « époux Turenge ».
Cette affaire a deux conséquences majeures. D’abord, le CINC est dissous et sa mission est reprise par le centre parachutiste d'entraînement aux opérations maritimes (CPEOM) à Quélern (Bretagne), mais cette restructuration hâtive dégrade les capacités des nageurs de combat de la DGSE, car des cadres expérimentés ne veulent pas déménager vers le CPEOM, et les conditions de sécurité entourant la base de l’Île Longue (base des SNLE de la Force océanique stratégique) réduisent largement les occasions d’entraînement à la plongée sous-marine.
Ensuite, le 1er novembre 1985, le 11e BPC est recréé sous le nom de 11e régiment parachutiste de choc (11e RPC), basé à Cercottes (Loiret) au CIRP (Centre d’instruction des réserves parachutistes) et ayant repris les traditions de la 11e DBPC.
Le « 11e choc » n’est ni confondu ni intégré à la Division Action, mais sert plutôt de réservoir de spécialistes qui sont prélevés individuellement à chaque opération. Jusqu’en 1988 les hommes du 11e RPC utilisaient comme couverture le 89e bataillon des services.
Le « 11e choc » participera notamment à l’assaut de la grotte d'Ouvéa le 5 mai 1988, au cours duquel deux de ses hommes, l’adjudant Pedrazza et le soldat Veron, seront tués.
En 1992, le 11e RPC est conservé malgré les réformes des services de renseignement et des forces spéciales consécutives à la fin de la guerre froide, qui se traduisent notamment par la création du Commandement des opérations spéciales (COS), dans lequel le « 11e choc » n'est pas intégré.
Il est finalement dissout le 30 juin 1993, dans une grande discrétion. Ses fonctions sont reprises par trois centres d’entraînement, le CPES (Cercottes), le CPIS (Perpignan) et le CPEOM(Quelern). Le sevice action est doté d'une unité aerienne clandestine appelé Groupe Aerien Mixte 56(GAM 56). Basé à Evreux,il est doté d'hélicoptères Cougars et d'avions de transport tactiques de type Transall et Twin Otter.
Installations
Le siège de la DGSE, officiellement désigné CAT (Centre administratif des Tourelles), se trouve en partie dans le 20e arrondissement de Paris. Ses membres la désigneraient sous le nom de « centrale » ou de «Mortier» puisqu'étant située sur le boulevard Mortier.
Le QG de la division action est au fort de Romainville à Noisy-le-Sec.
Le projet « Fort 2000 », lancé en 1992, devait permettre de déménager le siège de la DGSE à Noisy-le-Sec, où se trouvait déjà le QG de la division action.
Ce projet a été perturbé par le manque de budget : les crédits d’études n’ont été débloqués dans le budget de la défense qu’en 1994, suivis des crédits des premiers travaux en 1995.
Le financement du projet a été revu à la baisse, passant de deux milliards de francs à un milliard, et a subi l'opposition des riverains du fort qui craignaient l’augmentation des survols d’hélicoptères, ainsi que de mouvements écologiques car la zone du fort abrite une espèce rare de crapauds.
Le projet a été abandonné en mai 1996. À la place, la DGSE a reçu des locaux supplémentaires, ceux occupés auparavant par une unité du train en face de la « piscine ». Le boulevard Mortier où se situent les principaux locaux administratifs étant dangereux pour les piétons, un tunnel a été mis en place pour faciliter les mouvements du personnel d'un coté à l'autre de la rue.
La D.G.S.E. partage en outre certaines de ses bases avec le B.N.D. (Bundesnachritendienst : service fédéral de renseignement allemand), comme à Kourou, en Guyane française, et gère certaines de ses installations avec la D.R.M. (Direction du renseignement militaire).
Effectifs
En 2007 la DGSE a un effectif total théorique de 4 620 agents2. En 1999, la DGSE employait 2 700 civils et 1 300 officiers et sous-officiers. Elle bénéficie également d’un réseau de correspondants bénévoles, basés en France ou à l’étranger, appelés des honorables correspondants. La DGSE est directement gérée par le ministère de la Défense.
Dans les faits, les effectifs de la D.G.S.E. seraient voisins de 4.400 agents, hors Division Action (de 800 à 1.000 hommes).
Budget
Il se compose d’un budget officiel (voté par le Parlement) qui se chiffre aux environs de 270 millions d’euros et de crédits provenant des fonds spéciaux des services du Premier ministre (et dont l’objet est de financer certaines activités opérationnelles de la Division action) dont le montant n’est connu que globalement (son usage est secret).
Quelques budgets ont été connus :
- 1991 : 0,9 milliard de francs
- 1992 : 1 milliard de francs
- 1997 : 1,36 milliard de francs
- 1998 : 1,29 milliard de francs
2007 : 450 millions d'euros plus 36 millions de fonds spéciaux3
Selon Claude Silberzahn, un des anciens directeurs, le budget se répartirait comme suit : 25 % renseignement militaire, 25 % renseignement économique et 50 % renseignement diplomatique.
Activités
Les activités de la DGSE sont diverses :
- Acquisition de renseignements :
- renseignement humain (« honorables correspondants ») ;
- espionnage des télécommunications (Frenchelon) ;
- interprétation des images spatiales (Satellite Spot, Satellite Helios)
;
- Appui au renseignement humain.
- Opérations paramilitaires.
Le contre-espionnage sur le territoire français n’est pas assuré par la DGSE mais par la Direction de la surveillance du territoire (DST), placée sous l’autorité du ministre de l’Intérieur. Par conséquent, la DGSE n’est pas censée agir sur le territoire français (de même que la DST n’est pas censée intervenir à l’étranger).
Opérations connues
- Exploitation du réseau « Nicobar » qui permit à
la France de vendre 43 Mirage 2000 à l'Inde et de connaître la
composition du blindage du char T-72 soviétique ;
- Le 10 juillet 1985, Affaire du Rainbow Warrior : opération «
Satanic », une équipe de la DGSE fait exploser dans le port d’Auckland
le Rainbow Warrior, bateau de l'organisation Greenpeace, faisant une victime,
le photographe portuguais Fernando Pereira ;
- Le 12 juin 2005, la DGSE libère Florence Aubenas en Irak.
Directeurs généraux du SDECE (1944-1981)
- Jacques Soustelle du 6 novembre 1944 au 18 avril 1945 ;
- André Dewavrin (le « colonel Passy ») du 19 avril 1945
à avril 1946 ;
- Henri-Alexis Ribière d'avril 1946 à janvier 1951 ;
- Pierre Boursicot de janvier 1951 à septembre 1957 ;
- Paul Grossin (général de division) de 1957 à 1962 ;
- Paul Jacquier (général) de 1962 à 1966 ;
- Eugène Guibaud (général) de 1966 à 1970 ;
- Alexandre de Marenches du 6 novembre 1970 au 12 juin 1981 ;
Directeurs généraux de la DGSE (1981-aujourd'hui)
Le directeur général de la DGSE peut être un haut fonctionnaire
civil ou militaire.
- Pierre Marion (préfet), du 17 juin 1981 au 10 novembre 1982 ;
- Pierre Lacoste (amiral), 10 novembre 1982 au 19 septembre 1985 ;
- René Imbot (général), 20 septembre 1985 au 1er décembre
1987 ;
- François Mermet (général), du 2 décembre 1987
au 23 mars 1989 ;
- Claude Silberzahn (préfet), du 23 mars 1989 au 7 juin 1993 ;
- Jacques Dewatre (préfet), du 7 juin 1993 au 19 décembre 1999
;
- Jean-Claude Cousseran (diplomate), du 19 décembre 1999 au 24 juillet
2002 ;
- Pierre Brochand (diplomate), depuis le 24 juillet 2002
Agents connus ou supposés
En raison des activités secrètes des agents de la DGSE (et
avant du SDECE), il n'est pas toujours facile d'établir l'appartenance
de certaines personnes à ce service.
- Pierre Martinet dit Florent (alias Vincent Cassard et Vincent Seyriès)
(cf. bibliographie) ;
- Philippe de Dieuleveult agent supposé, disparaît en 1985 lors
de l’expédition Africa-Raft au Zaïre. Les conditions de
sa disparition n’ont toujours pas été élucidées.
On évoque que le fait d’être un agent de la DGSE serait
le motif de son assassinat ;
- Colonel Alain Mafart (alias Alain Turenge) ; nageur de combat ayant aidé
à poser les charges explosives sous le Rainbow Warrior, aujourd’hui
photographe animalier (cf. bibliographie) ;
- Ludovic Noel, agent supposé, né en 1966, ancien des CRAP (commandos
de recherche) et du CPA 20 de Villacoublay, officier de la DGSE sous IF (identité
fictive) depuis 1989. Remarqué dans l’entourage de Meir Dagan
(Mossad), semble être lié à l'assassinat de Gerard Bull
par le Mossad en mars 1990 à Bruxelles ;
- Boillin Alexandre dit Don Boillini, agent supposé, disparaît
au large de la Sicile en 1994 ;
- Lieutenant-colonel Dominique Prieur (alias Sophie Turenge) : les faux époux
Turenge sont impliqués dans l’affaire du Rainbow Warrior (cf.
bibliographie) ;
- Jamet Stanislas dit Staz Never, agent supposé depuis 1950, disparait
en 1970. Les conditions de sa disparition n’ont toujours pas été
élucidées.
- Gérard Royal, frère de Ségolène Royal. Il a
participé à l’opération « Satanic »
contre le Rainbow Warrior.
- Lieutenant-colonel Bernard Nut, chef de mission, mort en service à
Rigaud, le 15 février 1983.
- Jean-Claude Bedossa, ancien officier de la DGSE, agent depuis 1945, mort
en 1992.
- Alain Rodier, ancien officier de la DGSE
Bibliographie
- Roger Faligot et Pascal Krop, La Piscine : les services secrets français,
Paris, éd. du Seuil, 1985
- Claude Faure, Aux services de la République : du BCRA à la
DGSE, Paris, Fayard, 2004
- Dominique Fontvielle et Jérome Marchand, Mémoires d’un
agent secret, Paris, éd. Flammarion, 2002
- Pascal Junghans, Les services de renseignements français, Paris,
Éditions Edmond Dantès, 2006, (ISBN 978-2-35372-003-3)
- Herve Jaubert. Il n'y a plus de secrets dans les services, Odilon-Media,
1995.
- Pierre Lacoste, Alain-Gilles Minella, Un amiral au secret, Paris, Flammarion,
1998
- Alain Mafart, Carnets secrets d'un nageur de combat : du « Rainbow
Warrior » aux glaces de l’Arctique, Paris, éd. Albin Michel,
1999
- Pierre Marion, Mémoires de l’ombre. Un homme dans les secrets
de l’État, Paris, éd. Flammarion, 1999
- Pierre Marion, La Mission impossible : à la tête des services
secrets, Paris, éd. Calmann-Lévy, 1991
- Pierre Martinet, Philippe Lobjois, Un agent sort de l’ombre, DGSE
service action, Paris, éd. Privé, 2005
- Constantin Melnik, Des services « très » secrets, Paris,
éd. du Fallois, 1989
- Patrick du Morne Vert Mission oxygene, Paris, Filipacchi, 1987
- Dominique Prieur, Agent secrète, Paris, éd. Fayard, 1995
- Claude Silberzahn, Au cœur du secret : 1 500 jours aux commandes de
la DGSE (1989-1993), Paris, Fayard, 1995
http://www.defense.gouv.fr/dgse
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La DGSE dans les médias
La DGSE avait alerté la CIA huit mois avant le 11-Septembre
. Dans des notes confidentielles, les services secrets détaillaient
un projet de détournement d'avion, citant même les noms des compagnies
aériennes visées.
. La DGSE possédait à l'époque suffisamment de données
pour pouvoir établir un organigramme précis d'Al-Qaïda.
D.H. - le 16/04/2007
328 pages en 16 mois : les documents de la DGSE (l'espionnage français) sur les projets d'Al-Qaïda sont prolifiques et détaillés. Parmi tous ces feuillets, 9 rapports complets émis entre septembre 2000 et août 2001 sur les seules menaces à l'encontre des Etats-Unis, dont un sur un projet de détournement d'avion. Celui-ci date du 5 janvier 2001, soit huit mois avant les attentats du 11-Septembre. Le Monde de mardi publie la première page de cette "note de synthèse" classée ‘Confidentiel Défense', affirmant qu'elle avait été transmise au chef de la CIA à Paris, Bill Murray, quelques jours après sa rédaction. Et selon le chef de cabinet de la DGSE de l'époque, il est impensable que cette note n'ait pas été transmise à la CIA outre-Atlantique : "ce serait une faute de ne pas l'avoir fait".
Or, sur ce fac-similé, on peut lire : "des membres de l'organisation d'Oussama ben Laden en coopération avec des représentants du mouvement taleb et de groupes armées tchétchènes préparent depuis le début de l'année 2000 un projet de détournement d'avion". La note cite même les noms de sept compagnies d'aviation susceptibles d'être la cible de ce détournement, dont les deux compagnies américaines visées par les terroristes du 11-Septembre (American Airlines et United Airlines) qui ont fait près de 3000 morts. La DGSE possédait même suffisamment de données pour pouvoir établir un organigramme précis d'Al-Qaïda, que Le Monde publie également.
La DGSE détaillait même le dispositif prévu
Pour avoir subi des attentats très 'tôt', la France, on le sait, était en avance par rapport à d'autres pays dont les Etats-Unis, sur sa connaissance du milieu du terrorisme. Elle disposait même d'une "cellule Oussama ben Laden" depuis au moins 1995, selon le directeur de la DGSE, Pierre Brochant.
Détaillant le but poursuivi par les terroristes, la note explique ainsi que le projet initial devait être réalisé en 2000, pour finalement être reporté. Elle parle d'un projet de détournement d'un avion américain entre l'Allemagne et les Etats-Unis au départ de Francfort où se trouverait une cellule d'Al-Qaïda. L'appareil aurait alors, selon cette note, été détourné vers Kandahar (sud de l'Afghanistan). Le chef des pilotes des attentats-suicides du 11 septembre 2001 Mohamed Atta a formé deux ans auparavant une cellule Al-Qaïda à Hambourg, toujours en Allemagne.
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Enquête
11 septembre 2001 : les Français en savaient long
LE MONDE | 16.04.07 | Guillaume Dasquié
'est une impressionnante masse de documents. De loin, on croirait une thèse universitaire. De près, rien à voir. Des coups de tampons rouges "confidentiel-défense" et "usage strictement national" sur chacune des pages. En haut à gauche, un logo bleu roi : celui de la DGSE, la Direction générale des services extérieurs, les services secrets français. Au total, 328 pages classifiées. Notes, rapports, synthèses, cartes, graphiques, organigrammes, photos satellite. Le tout exclusivement consacré à Al-Qaida, ses chefs, sous-chefs, planques et camps d'entraînement. A ses soutiens financiers aussi. Rien de moins que l'essentiel des rapports de la DGSE rédigés entre juillet 2000 et octobre 2001. Une véritable encyclopédie.
Au terme de plusieurs mois d'enquête sur cette documentation très
spéciale, nous prenons contact avec le quartier général
de la DGSE. Et le 3 avril, l'actuel chef de cabinet, Emmanuel Renoult, nous
reçoit sur place, dans l'enceinte de la caserne des Tourelles à
Paris. Après avoir parcouru les 328 pages que nous posons sur son bureau,
il ne peut s'empêcher de déplorer une telle fuite, tout en nous
laissant entendre que ce paquet représente la quasi-intégralité
des productions de la DGSE sur le sujet pour cette période cruciale.
En revanche, sur le fond, impossible de lui soutirer le moindre commentaire.
Trop sensible.
Il est vrai que ces chroniques des services secrets sur Al-Qaida, avec leurs diverses révélations, soulèvent quantité de questions. Et d'abord une surprise : le nombre élevé de notes uniquement consacrées aux menaces d'Al-Qaida contre les Etats-Unis, des mois avant les attaques suicides de New York et de Washington. Neuf rapports entiers sur le sujet entre septembre 2000 et août 2001. Dont une note de synthèse de cinq pages, intitulée"Projet de détournement d'avion par des islamistes radicaux" , et marquée d'une date… 5 janvier 2001 ! Huit mois avant le 11-Septembre, la DGSE y rapporte les discussions tactiques menées depuis le début de l'année 2000 entre Oussama Ben Laden et ses alliés talibans, au sujet d'une opération de détournement d'avions de ligne américains.
Pierre-Antoine Lorenzi, chef de cabinet du patron de la DGSE jusqu'en août 2001, aujourd'hui président d'une société spécialisée dans les stratégies de crise et d'influence (Serenus Conseil), parcourt devant nous ces 328 pages et tombe en arrêt, lui aussi, sur cette note. Il hésite, prend le temps de la lire et admet : "Je me souviens de celle-là." "Il faut se rappeler, précise M. Lorenzi, que jusqu'en 2001, le détournement d'avion n'a pas la même signification qu'après le 11-Septembre. A l'époque, cela implique de forcer un appareil à se poser sur un aéroport pour mener des négociations. On est habitué à gérer ça." Mise en perspective utile pour comprendre pourquoi cette alerte du 5 janvier n'a provoqué aucune réaction chez ses destinataires : les piliers du pouvoir exécutif.
Dès janvier 2001, la direction d'Al-Qaida se montre néanmoins transparente aux yeux – et aux oreilles – des espions français. Les rédacteurs détaillent même les désaccords entre terroristes sur les modalités pratiques du détournement envisagé. Jamais ils ne doutent de leur intention. Provisoirement, les djihadistes privilégient la capture d'un avion entre Francfort et les Etats-Unis. Ils établissent une liste de sept compagnies possibles. Deux seront finalement choisies par les pirates du 11-Septembre : American Airlines et United Airlines (voir fac-similé). Dans son introduction, l'auteur de la note annonce : "Selon les services ouzbeks de renseignement, le projet d'un détournement d'avion semble avoir été discuté en début d'année 2000 lors d'une réunion à Kaboul entre des représentants de l'organisation d'Oussama Ben Laden…"
Des espions ouzbeks renseignent donc les agents français. A l'époque, l'opposition des fondamentalistes musulmans au régime pro-américain de Tachkent s'est fédérée dans le Mouvement islamique d'Ouzbékistan, le MIO. Une faction militaire de ce parti, emmenée par un certain Taher Youdachev, a rejoint les camps d'Afghanistan et prêté allégeance à Oussama Ben Laden, lui promettant d'exporter son djihad en Asie centrale. Des livrets militaires et des correspondances du MIO, trouvés dans des camps afghans d'Al-Qaida, en attestent.
Alain Chouet a gardé en mémoire cet épisode. Il a dirigé jusqu'en octobre 2002 le Service de renseignement de sécurité, la subdivision de la DGSE chargée de suivre les mouvements terroristes. Selon lui, la crédibilité du canal ouzbek trouve son origine dans les alliances passées par le général Rachid Dostom, l'un des principaux chefs de guerre afghans, d'ethnie ouzbek lui aussi, et qui combat alors les talibans. Pour plaire à ses protecteurs des services de sécurité de l'Ouzbékistan voisin, Dostom a infiltré certains de ses hommes au sein du MIO, jusque dans les structures de commandement des camps d'Al-Qaida. C'est ainsi qu'il renseigne ses amis de Tachkent, en sachant que ses informations cheminent ensuite vers Washington, Londres ou Paris.
La formulation de la note française de janvier 2001 indique clairement que d'autres sources corroborent ces renseignements sur les plans d'Al-Qaida. Selon un dispositif bien huilé en Afghanistan, la DGSE ne se contente pas d'échanges avec des services secrets amis. Pour percer les secrets des camps, d'une part elle manipule et "retourne" des jeunes candidats au djihad originaires des banlieues des grandes villes d'Europe. D'autre part, elle envoie des hommes du service action auprès de l'Alliance du Nord du commandant Massoud. Sans compter les interceptions des téléphones satellitaires.
Un proche de Pierre Brochand, l'actuel patron de la DGSE, nous a assuré que le service disposait d'une "cellule Oussama Ben Laden" depuis au moins 1995. L'alerte du 5 janvier s'appuie donc sur un système éprouvé. Alain Chouet, après nous avoir demandé de préciser qu'il ne s'exprimait pas au nom des institutions françaises, reste laconique mais clair : "Il est rare qu'on transmette un papier sans recouper." D'autant que ledit papier suit et précède de multiples rapports de la DGSE étayant la crédibilité des incantations guerrières d'Oussama Ben Laden.
Dans sa note, la DGSE estime enfin que la volonté d'Al-Qaida de concrétiser son acte de piraterie contre un appareil américain ne laisse aucun doute : "Au mois d'octobre 2000, Oussama Ben Laden a assisté à une réunion en Afghanistan au cours de laquelle la décision de principe de mener cette opération a été maintenue." Nous sommes le 5 janvier 2001, les dés sont jetés, les Français le savent… Et ils ne sont pas les seuls.
Comme toutes les informations évoquant des risques contre des intérêts américains, la note a été transmise à la CIA par le service des relations extérieures de la DGSE, responsable des coopérations entre alliés (renommé depuis service des liaisons). Son premier destinataire est le chef de poste de la CIA à Paris, Bill Murray, un francophone au physique de John Wayne, rentré depuis aux États-Unis. Nous avons pu établir le contact, mais M. Murray n'a pas souhaité donner suite à nos demandes. Pierre-Antoine Lorenzi, dont les responsabilités à la DGSE couvraient alors les questions relatives à la coopération avec les agences étrangères, ne conçoit pas que ces renseignements-là ne lui aient pas été remis : "Ça, typiquement, c'est le genre d'information qui est transmise à la CIA. Ce serait même une faute de ne pas l'avoir fait."
De l'autre côté de l'Atlantique, deux anciens agents de la CIA spécialistes d'Al-Qaida, que nous avons sollicités, ne se souviennent pas d'alertes particulières envoyées par la DGSE. Ni Gary Berntsen, rattaché à la direction des opérations de l'agence de 1982 à 2005, ni Michael Scheuer, ancien responsable de l'unité Ben Laden au siège de la CIA, n'ont gardé en mémoire des informations spécifiques en provenance de la DGSE.
A Washington, la commission d'enquête du Congrès sur le 11-Septembre, dans son rapport final publié en juillet 2004, a mis l'accent sur l'incapacité du FBI, de la CIA ou des services d'immigration d'agréger des données éparses visant certains membres des commandos du 11-Septembre. A aucun moment la commission n'a évoqué la possibilité que la CIA aurait répercuté au pouvoir politique, dès janvier 2001, des renseignements émanant des services français sur le choix tactique d'Oussama Ben Laden d'organiser des détournements d'avions américains.
Au-delà, le plus confondant, à la lecture des 328 pages de la DGSE, tient peut-être dans la juxtaposition entre les notes qui alertent sur des menaces – comme celle de janvier 2001 – et celles qui décrivent très tôt, et avec minutie, le fonctionnement de l'organisation. Dès le 24 juillet 2000, avec la rédaction d'un rapport de treize pages intitulé"Les réseaux d'Oussama Ben Laden", l'essentiel se révèle consigné noir sur jaune pâle, la couleur des originaux de la DGSE. Le contexte, les détails anecdotiques et tous les aspects stratégiques relatifs à Al-Qaida y figurent déjà. Bien souvent, les documents ultérieurs se contentent de les préciser. Ainsi, l'hypothèse de la mort de Ben Laden – qui a connu un certain succès en septembre 2006 – prend, dans cette note du 24 juillet 2000, les intonations d'un refrain connu, mais néanmoins fondé : "L'ex-Saoudien, qui vit depuis plusieurs années dans des conditions précaires, se déplaçant sans cesse, de camp en camp, souffre également de problèmes rénaux et dorsaux. (…) Des rumeurs récurrentes font état de sa mort prochaine, mais il ne paraît pas avoir, jusqu'à présent, changé ses habitudes de vie."
Sur un cliché aérien du 28 août 2000, les agents de la DGSE localisent un homme-clé, très proche d'Oussama Ben Laden. Son nom : Abou Khabab. Cet artificier d'origine égyptienne, connu pour avoir enseigné la science des explosifs artisanaux à des générations de djihadistes, constitue une cible en théorie prioritaire. Dans deux notices biographiques sur ce personnage, du 25 octobre 2000 et du 9 janvier 2001, la DGSE énumère les renseignements échangés avec le Mossad israélien, la CIA et les services de sécurité égyptiens à son sujet. On n'ignore rien de son parcours et de ses déplacements.
C'est également le cas d'Omar Chabani, l'émir chargé d'encadrer tous les militants algériens venus en Afghanistan, selon la DGSE. Grâce à lui, au cours de l'année 2001, Al-Qaida a mis des infrastructures à la disposition du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), le mouvement terroriste algérien dont le chef historique Hassan Hattab, ex-allié de Ben Laden, a souscrit en 2006 à la politique de réconciliation nationale du président algérien Abdelaziz Bouteflika – ce qui avait provoqué l'ire des jeunes générations du GSPC. Celles-ci ont repris depuis le mois d'octobre la lutte armée délaissée par leurs aînés, en se réclamant d'un nouveau GSPC – renommé Al-Qaida pour le Maghreb islamique – qui semble être responsable des attentats du 11 avril à Alger.
En marge des aspects opérationnels sur le fonctionnement d'Al-Qaida, ces documents de la DGSE proposent un autre regard sur les relais politiques de son chef. Un exemple : dans une note du 15 février 2001 consacrée en partie aux risques d'attentats contre la base militaire française de Djibouti, les auteurs relèvent la présence dans le pays du représentant d'Oussama Ben Laden pour la Corne de l'Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy. L'homme, arrivé sur place le 26 mai 2000 est-il précisé, a, ni plus ni moins, "rencontré le président de la République djiboutienne".
Mais c'est surtout l'Arabie saoudite qui apparaît comme une préoccupation constante à propos des sympathies extérieures à l'Afghanistan dont profite Oussama Ben Laden. Les rapports de la DGSE explorent ses relations avec des hommes d'affaires et diverses organisations de ce pays. Certaines personnalités saoudiennes ont proclamé leur hostilité à Al-Qaida, mais, manifestement, elles n'ont pas convaincu tout le monde. Pierre-Antoine Lorenzi se souvient bien de l'état d'esprit des responsables du renseignement français : "La DGSE a eu beaucoup de mal à considérer définitivement qu'il n'avait plus de relation avec la monarchie saoudienne, parce qu'il était en rupture de ban. C'était difficile à admettre."
La note du 24 juillet 2000 mentionne un virement de 4,5 millions de dollars au profit du chef d'Al-Qaida par l'International Islamic Relief Organisation (IIRO), une structure directement placée sous la tutelle de la Muslim World League, elle-même considérée comme l'instrument politique des oulémas saoudiens. Il faudra attendre pourtant le 3 août 2006 pour que des bureaux de l'IIRO figurent sur la liste officielle des organisations de financement du terrorisme du département américain du Trésor. Au cours de ce mois de juillet 2000, deux ans après les attentats de Nairobi et Dar-es-Salam, les auteurs de ce mémo doutent de la sincérité des positions affichées par la famille Ben Laden elle-même : "Il semble de plus en plus probable qu'Oussama Ben Laden ait gardé des contacts avec certains membres de sa famille, bien que celle-ci, qui dirige l'un des plus importants groupes de travaux publics dans le monde, l'ait officiellement renié. L'un de ses frères jouerait un rôle d'intermédiaire dans ses contacts professionnels ou le suivi de ses affaires." Selon M. Lorenzi, c'est la récurrence de ces doutes, et plus spécifiquement l'ambivalence de l'IIRO, qui conduiront la DGSE à se mobiliser avec le Quai d'Orsay, en 1999, quand la diplomatie française proposera aux Nations unies une convention internationale contre le financement du terrorisme.
Une autre note des services secrets français, datée du 13 septembre 2001, et intitulée "Eléments sur les ressources financières d'Oussama Ben Laden", réitère ces soupçons à l'encontre du Saudi Ben Laden Group, l'empire familial. Elle présente aussi un puissant banquier, autrefois proche de la famille royale, comme l'architecte historique d'un dispositif bancaire qui "semble avoir été utilisé pour transférer au terroriste des fonds provenant des pays du Golfe". Une annexe de cette note du 13 septembre 2001 répertorie les actifs a priori sous le contrôle direct d'Oussama Ben Laden. Surprise, au milieu de structures connues que le"Cheikh" a dirigées au Soudan, au Yémen, en Malaisie et en Bosnie figure encore, en 2001, un hôtel situé à La Mecque, en Arabie saoudite.
Alain Chouet exprime un réel scepticisme sur la volonté des autorités de Riyad d'appréhender Oussama Ben Laden avant le 11-Septembre : "Sa déchéance de la nationalité saoudienne est une pantalonnade (…) A ma connaissance, personne n'a mis quoi que ce soit en œuvre pour le capturer entre 1998 et 2001." En témoigne cette note du 2 octobre 2001 – "Le départ du prince Turki al-Fayçal, chef des services de renseignement saoudiens : une éviction politique" – qui révèle les dessous de ce spectaculaire limogeage juste avant le 11-Septembre. Les auteurs soulignent "les limites de l'influence saoudienne en Afghanistan (…) Lors de récents voyages à Kandahar du prince Turki, il n'avait pas réussi à convaincre ses interlocuteurs d'extrader Oussama Ben Laden."
Et six ans plus tard ? Dans un ample rapport de la DGSE que nous avons pu consulter, intitulé "Arabie saoudite, un royaume en péril ?" et daté du 6 juin 2005, les agents français dressent un bilan plus positif des initiatives du régime saoudien contre Al-Qaida. Certains paragraphes trahissent toutefois des craintes persistantes. Les services secrets français redoutent toujours les penchants pour la guerre sainte de quelques docteurs de la foi saoudiens.
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11:06 | 31/01/2008 Le Point
Chirac, le compte et la légende
L'ex-président a-t-il un trésor caché au Japon ? Des
notes de la DGSE ont pu le laisser croire mais lui crie au "fantasme".
Effectuée à sa demande à Tokyo, une vérification
appuie ses démentis. Enquête sur une piste qui conduit à
une impasse.
Par Hervé Gattegno
Une enquête officielle a bien été diligentée au Japon pour vérifier si oui ou non, Jacques Chirac y a possédé un compte bancaire. Elle remonte à l'automne 2007 et il ne s'agit ni des recherches confidentielles d'un service secret, ni d'une investigation ordonnée par un juge. Et pour cause : ces vérifications ont été menées à la demande de l'ancien président de la République lui-même. Et si elles ne balaient pas à coup sûr toutes les suspicions, leurs conclusions renforcent au moins sa défense.
"Je n'ai jamais eu de compte dans aucune banque au Japon, et prétendre le contraire serait diffamatoire, déclare Jacques Chirac au Point . Aussi, pour mettre un terme définitif aux divagations qui ont cours sur ce sujet, j'ai souhaité qu'une vérification soit engagée, dont nul ne peut contester qu'elle a été menée de façon indépendante."
Datée du 26 septembre 2007, la requête a été adressée par le président de l'Ordre des avocats de Tokyo - doté de pouvoirs d'injonction équivalents à ceux d'un magistrat -, Kazuhiko Shimokobe, à la Tokyo Star Bank. C'est en effet cette banque qui a repris, depuis 2001, les activités de la Tokyo Sowa Bank (TSB), dont le sulfureux fondateur, Shoichi Osada, avait brandi son amitié avec l'ex-président français au point d'accréditer l'hypothèse de faveurs financières occultes.
La réponse est arrivée le 26 novembre suivant. "Il n'existait pas de compte bancaire au nom du demandeur à la date de la cession d'exploitation (de la TSB)", peut-on lire sur ce document, que l'entourage de Jacques Chirac a communiqué au Point . Le rapport précise que les "recherches informatiques" n'ont pas non plus permis de découvrir un compte plus ancien qui aurait été clôturé avant la faillite. Il mentionne toutefois que "les archives conservées étant volumineuses, il est pratiquement impossible de les vérifier dans leur totalité" et que, par ailleurs, l'hypothèse d'un compte ouvert au nom d'une société dissimulant l'ancien président n'a pu être réellement examinée, en raison des limites du système informatique de la banque.
"Ceux qui veulent douter peuvent continuer à le faire, juge l'avocat parisien de Chirac, Me Jean Veil. Personne ne pourra en tout cas contester notre bonne foi. En activant cette procédure, nous ne savions ni les questions qui seraient exactement posées à la banque, ni, a fortiori, les réponses qui y seraient apportées. Pensera-t-on sérieusement que nous aurions pris le risque de provoquer nous-mêmes la révélation d'un compte dont M. Chirac n'a cessé d'affirmer qu'il relevait du pur fantasme ?" Difficile de contredire l'argument. D'autant qu'aucun élément incontestable n'a jamais pu être avancé pour établir l'existence du fameux compte.
300 millions de francs. Entre 1996 et 2001, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), le service secret français, en a plusieurs fois évoqué l'hypothèse dans des messages internes, mais rien ne permet de conclure que les recherches lancées alors aient abouti à un résultat probant. C'est pourtant sur ces documents secrets, divulgués à la faveur de l'affaire Clearstream, que repose encore l'essentiel des suspicions. En septembre 2001, persuadé que l'on cherchait à le compromettre, Chirac avait en effet exigé une inspection interne à la DGSE, qu'il confia au général Philippe Rondot, ancien agent secret devenu conseiller au ministère de la Défense. Dans les archives de l'officier, aujourd'hui saisies par la justice, figurent les seules pièces qui font expressément référence au prétendu compte présidentiel. Certaines sont troublantes. Aucune n'a valeur de preuve. Toutes recèlent des contradictions.
La première allusion à un lien entre l'ex-président et la Sowa Bank apparaît dans un télégramme du chef de poste de la DGSE à Tokyo, le 11 novembre 1996 . Il signale qu'une source locale - baptisée du nom de code Jambage - attire l'attention sur les rumeurs entourant la TSB au moment où son dirigeant se propose d'investir d'importantes sommes en France. La faillite de la banque, prévient-il, pourrait être "accompagnée du déballage de quelques scandales" et signale, un peu plus loin et sans commentaire : "Le montant des sommes versées sur le compte ouvert par Sowa au nom de M. Chirac serait de 7 milliards de yens, soit environ 300 millions de francs."
Estimation faramineuse que contredit pourtant un autre passage du télégramme : indiquant avoir reçu de sa source un dossier recensant "des faits que Jambage considère comme irréfutables", le fonctionnaire assure n'y avoir "rien trouvé d'extraordinaire" - tout au plus "des articles de presse (parfois à scandale), des interrogations de banques de données et des extraits de livres"...
Le 21 janvier 1997, un deuxième message envoyé par le poste de la DGSE de Tokyo évoque des inquiétudes similaires à celles de "Jambage", mais les attribue cette fois à l'ambassadeur de France, Jean-Bernard Ouvrieu. À en croire le texte, le diplomate aurait spontanément souligné que la déconfiture de la TSB "pourrait poser problème si cette faillite était accompagnée de la révélation d'affaires scandaleuses, en raison du caractère particulier des relations entre son président, Osada, et le président Chirac". La nature d'une telle menace n'est pas précisée, si bien que l'infréquentable banquier sera reçu à l'Élysée peu après - "vers le 24 février", indiquent les archives de la DGSE.
Mais l'ambassadeur Ouvrieu, lui, ne reconnaît pas ses propos. "Je m'inscris en faux contre ce compte rendu", s'indigne-t-il, s'estimant victime de "l'exagération volontaire d'un chef de poste désireux de se mettre en valeur". S'il confirme l'entrisme du banquier, il conteste s'en être "inquiété à ce point" et rappelle qu'au demeurant "c'est à François Mitterrand qu'Osada devait sa Légion d'honneur", obtenue en 1994.
Les archives du service secret attestent en tout cas que les phrases prêtées au diplomate motivèrent l'envoi, par la DGSE, d'un feu vert aux agents de Tokyo pour approfondir le sujet. Elles montrent aussi qu'au cours des années suivantes, le service secret se livra à des investigations à éclipses, apparemment concentrées sur la santé de la Sowa Bank, déclarée en faillite en juin 1999, et sur les démêlés judiciaires de son fondateur.
Ainsi, le 13 septembre 1999, une "fiche blanche" est titrée : "M. Osada menace de révéler des scandales financiers." Le 23 octobre suivant, le magazine à sensation Shukan Gendai évoque les largesses du banquier déchu envers de nombreuses personnalités politiques japonaises et étrangères, y compris Jacques Chirac, dont la campagne présidentielle de 1995 aurait été "aidée" par la succursale parisienne de la Sowa Bank. Le 23 mai 2000, une "note de renseignement" signale "l'arrestation de M. Osada". Le 26 janvier 2001, enfin, le poste de Tokyo est remobilisé par une rumeur annonçant "le rachat de la TSB par un fonds de placement américain".
Les registres de la DGSE n'ont pas gardé de trace des conclusions de ces recherches. Condamné à trois ans de prison, Osada ne s'est livré à aucun déballage. Et, à Paris, l'hypothèse d'un montage ourdi contre le chef de l'État, qui eut cours à l'Élysée au plus fort de l'affrontement Chirac-Jospin, ne s'est jamais vérifiée, même si le directeur de la DGSE de l'époque, Jean-Claude Cousseran, et le chef du service des "affaires protégées", le magistrat Gilbert Flam, tous deux réputés proches des socialistes, ont été limogés à l'été 2002, peu après la réélection de Chirac.
Le 28 septembre 2001, l'inspection interne au service secret avait conclu sans trancher entre la maladresse et le complot : il y avait bien eu "une enquête au Japon", qui avait "porté sur l'existence d'avoirs du président Chirac dans la TSB" ; mais l'issue n'en était pas précisée. Pas une des notes conservées par le général n'en dit plus - et tous les protagonistes retrouvés par Le Point assurent que la question resta sans réponse.
Les spéculations auraient donc pu s'arrêter là. Mais, le 28 mars 2006, répondant aux questions des juges de l'affaire Clearstream, le général Rondot contribua, sans l'avoir voulu, à l'amplification irraisonnée du vrai-faux mystère japonais. Privé de ses notes personnelles, surpris par la rudesse de l'interrogatoire, il raconta la "supposée machination au sein de la DGSE" qu'il avait eu à déjouer en avançant, sans l'ombre d'un conditionnel, que l'opération avait eu pour but "de mettre en cause le président à travers l'existence d'un compte qu'il possédait dans une banque japonaise". Puis, reprenant benoîtement la teneur du télégramme de 1996 : "Il est indiqué sur les documents que vous avez saisis à mon domicile que ce compte a été ouvert à la Tokyo Sowa Bank et a été crédité d'une somme totale évaluée par les services de la DGSE à 300 millions de francs" [45,8 millions d'euros].
L'ex-agent aura beau répéter par la suite à cor et à cri que la formulation est impropre et que l'information n'a jamais été vérifiée, le soupçon s'en est trouvé revigoré. Il ne fait pourtant guère de doute que le général avait mélangé souvenirs, impressions et lectures ultérieures ; et en fait d' évaluation , tout porte à croire que la DGSE s'est bornée à convertir les yens en francs...
La lecture des fameuses fiches manuscrites de Rondot, qui évoquent plusieurs fois l'épisode japonais, laisse la même impression contrastée : celle d'une piste prometteuse qui conduit à l'impasse. Le 11 septembre 2001, peu avant les attentats du World Trade Center, il aborde le sujet avec Dominique de Villepin (alors secrétaire général de l'Élysée) et note: "Le compte Chirac au Japon, à travers les indemnités perçues localement, objet possible de l'intérêt de la DGSE." Plus bas : "Compte japonais : le président a reversé ces sommes à une association qui règle les déplacements [...]" Le 8 novembre suivant, après le retour de l'émissaire qu'il a dépêché à Tokyo, Rondot écrit : "Le compte de JC existe bien, il est alimenté." Est-ce à dire qu'il détient enfin la preuve tant attendue ? Sans doute pas.
Un trésor introuvable. De fait, dans son audition du 28 mars 2006, l'ancien espion précise aux juges l'explication qu'il croit la bonne : le compte "était alimenté par le versement régulier d'une somme très importante [...] provenant d'une fondation culturelle dont M. Chirac était membre du conseil d'administration". Or ce point-là au moins est vérifiable. Et il est faux. De 1988 à 1995, Chirac, alors maire de Paris, siégea effectivement au conseil du Praemium Imperiale, jury international chargé par l'Association japonaise des arts de distinguer chaque année des artistes du monde entier.
Mais si les statuts de cette fondation de grand renom (où ont siégé David Rockefeller, Umberto Agnelli, Helmut Schmidt ou Raymond Barre) prévoient un budget annuel de 100 000 dollars - bien loin des 300 millions de francs évoqués par la DGSE... - alloué à chaque conseiller, ils disposent que seules "les dépenses réelles" sont remboursées "sur la base de factures" et que les frais de voyage et de séjour sont réglés "directement aux parties et agences concernées". "Les paiements ne sont pas faits aux conseillers ni sur aucun compte bancaire personnel", affirme en outre une note du secrétaire général de l'Association des arts, Masakazu Mizuno, qui certifie que les prestigieux jurés n'ont jamais perçu "ni salaire ni honoraires".
De sorte que l'origine du mirifique trésor nippon de Jacques Chirac ne saurait se trouver là. Peut-être simplement parce qu'il n'existe pas. Du compte à la légende, il n'y a parfois qu'un souffle.
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Diplomatic crisis looms as French bugs 'discovered in UK Defence
Minister's office'
February 17, 2008 - The Evening Standard
A leading MP is to challenge the Government over claims that a Defence Minister was bugged by the French when he was responsible for the award of billions of pounds worth of contracts.
Tory MP Patrick Mercer says senior security sources have told him that bugs were placed in the offices of Lord Drayson, the then-Defence Procurement Minister, at the House of Lords and in the Ministry of Defence, so the French could eavesdrop on conversations about valuable projects.
The claim has the potential to cause a major diplomatic row between Britain and France, which regularly compete for huge defence equipment contracts all over the world.
The French bugging episode is said to have taken place two years ago when major Labour Party donor Lord Drayson was involved in the £20billion deal to build two giant new supercarriers for the Royal Navy and a project worth up to £60billion for 3,000 British Army fighting vehicles.
Senior Government and Whitehall sources insisted last night they had "no knowledge" of the bugging.
However, a former senior Whitehall official, who has since left Government service, has revealed he was told by a senior member of the intelligence community that the French eavesdropping on Lord Drayson took place.
According to intelligence sources, Lord Drayson's office in the Lords was subjected to a routine security sweep and a listening device was found which had the "fingerprint" of the type used by the French.
The former senior Whitehall official confirmed that a second bugging device was discovered during a similar sweep during the same period at Lord Drayson's MoD office.
Lord Drayson – who, with his family, is worth an estimated £80million and controversially quit his Ministerial post last November to pursue his dream of competing in the Le Mans 24-hour race – was yesterday on holiday in Europe.
He refused to comment on the allegations.
This was despite his UK office passing on details of the bugging claims to him by mobile phone, text and email on behalf of this newspaper.
After The Mail on Sunday tried for several days to obtain a comment, Lord Drayson's office said: "Lord Drayson decided when he left Ministerial office never to discuss his role in Government, and he never will."
The French have long been suspected of carrying out spying missions in the UK.
Mr Mercer, the former Shadow Homeland Security Minister, said: "It's disgraceful to think that a so-called ally of this country should spy upon us.
"I have been told by well placed sources that Lord Drayson was spied upon by the French and that bugs were placed in his offices at the House of Lords and in the MoD.
"I shall raise this matter in the House of Commons on Monday by putting down an urgent question.
"I am appalled to think that we should have laid ourselves open to this sort of insidious treachery.
"No wonder that relationships between Britain and France are always so strained."
Shadow Home Secretary David Davis said last night: "This report suggests a shocking breach of national security.
"If true, it raises serious questions about the integrity of communications from both Government and Parliament.
"We need some urgent answers.
"Why did the precautionary measures that should prevent such breaches fail?
"What security measures are now being taken?
"And what representations have been made to the French about these very serious allegations?"
Mr Davis added: "This is not the first security breach at Parliament.
"Just one month ago, an illegal immigrant was found working in the House of Commons.
"When will this Government get a grip on security?"
Father-of-five Lord Drayson is no stranger to controversy.
He sold his biotech group Powder-Ject for £542million in 2003, a year after it was controversially awarded a £32million Government smallpox vaccine contract which caused its value to rise sharply.
Shortly before that, Lord Drayson had donated £50,000 to the Labour Party, but a parliamentary inquiry cleared him of any improper activity.
And after being made a working peer in 2004, Lord Drayson gave Labour another £500,000, resulting in claims that his peerage had been "bought".
A year later, the tycoon admitted that, until the previous winter, he had kept his fortune in an offshore trust in the Isle of Man, a popular destination to avoid UK taxes.
The trusts were wound up after he entered public life.
Lord and Lady Drayson live between homes in London, Nether Lypiatt Manor near Stroud, Gloucestershire – bought for almost £6million in 2006 from Prince and Princess Michael of Kent – and a palatial £7million mansion at Tourettes sur Loup in the South of France.
Lord Drayson, who describes himself as a "car nut", drives an Aston Martin Vanquish, his wife has an Aston Martin DB9 and his collection includes a Lotus Elan.
The biotech multi-millionaire drives a six-litre ethanol-powered, 200mph Aston Martin DBRS9 GT3-spec race car for Barwell Motorsport, a company he helped found to realise his dream of competing in the Le Mans 24-hour race.
He plans to compete in the US Le Mans series this year, in the hope of qualifying for the fully-fledged French classic, even though he has good sight in just one eye.
If the French bugging suspicion is substantiated, it would not be the first time their security services have been caught out in London.
Three years ago, The Mail on Sunday revealed how French secret agent Pierre Martinet, who had retired from the French DGSE foreign intelligence service, came to London in 1998 to spy on a suspected member of the Algerian Armed Islamic Group, the GIA, which had links to Al-Qaeda.
The DGSE, unlike Britain's MI6, is a military organisation with a reputation for ruthlessness – in 1985 it blew up the Greenpeace protest ship Rainbow Warrior in New Zealand, which had been set to embarrass France over nuclear tests, killing a crew member.
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Dubaï : 30 000 euros sous les mers
Challenges - 13.07.2006 - Alice Mérieux
Le souhait d’Exomos ? Que ses sous-marins pour riches deviennent un produit de masse. En attendant, son entrée de gamme, pour un seul passager, coûte 37 000 dollars.
Hervé Jaubert est un mélange de James Bond et de capitaine Némo. Cet ancien officier de marine et, accessoirement, ex-agent de la DGSE, est installé depuis deux ans à Dubai où il a accepté sa dernière « mission » : commercialiser des sous-marins miniatures pour riches en mal de fantaisie. Après la Ferrari, le yacht et le jet privé, il ne leur manquait plus que ça pour occuper leurs longues journées oisives et promener les enfants.
Et notre espion au pays des cheikhs ne compte pas s’arrêter là : « Le petit sous-marin est un marché d’avenir. Qui deviendra, j’en suis sûr, un produit de masse. » On le croirait bien sur parole. Son modèle d’entrée de gamme, le Stingray, qui ne transporte qu’un seul passager, ne vaut que 37 000 dollars. Mais sa toute dernière création – une vraie réplique du Nautilus de Jules Verne, « un dinosaure métallique, à l’intérieur xixe siècle entièrement reconstitué » – coûte 1,5 million de dollars. Mieux, le « SPV » (pour Submersible Patrol Vessel) atteint les 15 millions de dollars. Hervé Jaubert tempère : « Destiné aux gardes-côtes et aux militaires, il peut transporter jusqu’à 20 personnes. Le prix moyen pour une commande d’un particulier tourne plutôt autour de 500 000 dollars. » A la portée de tous ? Encore faut-il obtenir son « permis ». « Il faut compter une semaine de cours de pilotage. Et de 3 000 à 15 000 dollars, en fonction du modèle. Mais je peux vous assurer qu’on a fait les deux tiers des cours par correspondance ! » s’amuse notre entrepreneur.
Rassurons-nous, aujourd’hui, ses petits engins aux couleurs chatoyantes n’encombrent pas encore les fonds marins. Son créateur n’en dénombre qu’une douzaine dans le monde. Son explication : « Les mentalités doivent changer. Aux Etats-Unis, j’ai des clients qui se sont fait arrêter et interroger pendant des heures par la police. Aujourd’hui, un sous-marin est par définition suspect… » Et d’ironiser : « Comme si on commettait un attentat à bord d’un mini-sous-marin jaune pétard… » C’est la raison pour laquelle, en 2004, il a quitté la Floride pour Dubai.
Et puis… il y a l’offre alléchante du sultan Ahmed bin Sulayem, le chef des Ports et Douanes de Dubai. « Il m’a proposé de financer la construction de l’usine, de me prêter les 30 000 mètres carrés de terrain et d’investir 25 millions de dollars pour le lancement. » En échange, le sultan est propriétaire à 100 % de l’entreprise, baptisée Exomos. Une affaire. En 2005, la société a enregistré 100 millions de dollars de chiffre d’affaires et 30 % de bénéfices. Hervé Jaubert se « contentera » d’un intéressement sur les ventes. De quoi lui assurer une vie « confortable » , confie-t-il. Autrement dit, une Lamborghini, deux Hummers, une villa sur Palm Island et un yacht. Et ce n’est qu’un début.
Les autorités indonésiennes et taïwanaises songeraient à offrir ces petits bijoux à leurs gardes-côtes. Et Hervé Jaubert dévoile aussi des discussions avec les hôtels Atlantis et l’Emirates Palace d’Abu Dhabi qui souhaiteraient promener leur exigeante clientèle en sous-marin. Notre homme disait vrai : le marché de masse n’est pas loin.
Petites folies pour gros clients
Le confort minimal : intérieur cuir, boiseries, climatisation, mini-bar
et matériel hi-fi.
La demande ridicule : une piscine.
Le vœu exaucé : une grande couchette, cernée de trois hublots
à bâbord et tribord, et, surtout, isoléede la cabinede
pilotage…
Les derniers people aimantés : Richard Branson et Julien Lepers.
La couleur de l’acier
Devinette : quelle est la couleur du sous-marin de Lakshmi Mittal ? Bleu acier,
ça ne s’invente pas. Le milliardaire indien s’est, en effet,
offert son sous-marin Adventurer… sur le second marché ! En réalité,
c’est en achetant un yacht qu’il a « gagné »
son petit submersible.Il vient d’y faire installer la climatisation
et l’intérieur cuir.
Capacité : 3 passagers.
Autonomie : 10 heures,dont la moitié sous l’eau.
Profondeur : 30 mètres.
Vitesse : 3 nœuds (environ 5 kilomètres/heure).
Propulsion : électrique.
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L'ancien directeur-adjoint de la DGSE, victime collatérale
de l'affaire Dasquié
LE MONDE | 28.01.08 | Franck Johannès
es avocats de Guillaume Dasquié, le journaliste indépendant mis en examen le 7 décembre 2007 pour "détention et diffusion de documents ayant le caractère d'un secret de la défense nationale", ont déposé jeudi 24 janvier une requête en annulation de la procédure devant la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris, au nom du droit à la protection des sources journalistiques.
Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la défense, avait porté
plainte le 19 avril 2007 pour "compromission du secret-défense"
après la publication deux jours plus tôt dans Le Monde de notes
de la direction générale de la sécurité extérieure
(DGSE) sur les projets de détournements d'avions aux Etats-Unis avant
le 11 septembre 2001. Le journaliste est aussi poursuivi pour avoir publié
sur son site geopolitique.com une note du même service sur les ressources
financières d'Oussama Ben Laden.
Le dossier pénal, instruit par le juge Philippe Coirre, est composé pour l'essentiel de réquisitions aux opérateurs téléphoniques pour identifier les appels du journaliste. Guillaume Dasquié a raconté sa garde à vue (Le Monde du 27 décembre 2007) à la direction de la surveillance du territoire (DST), les 5 et 6 décembre 2007.
Un autre homme était entendu en même temps que lui : Philippe Hayez, ancien directeur adjoint du renseignement de la DGSE, aujourd'hui conseiller maître à la Cour des comptes. Les enquêteurs le soupçonnaient d'être la source du journaliste.
En fait, en accord avec Le Monde, Guillaume Dasquié avait cherché à faire valider ses documents auprès de cadres de la DGSE, avant de les soumettre au propre chef de cabinet du directeur des services secrets. Il avait ainsi rencontré Philippe Hayez, dans un café de l'Alma, à Paris, à la fin du mois de mars 2007. M. Hayez avait pris soin de ne pas lui dire grand-chose, et le haut fonctionnaire n'avait pas été cité dans l'article. "C'est parce qu'il n'avait pas été cité, contrairement à d'autres, explique Guillaume Dasquié, qu'ils ont cru que c'était ma source."
Reste que la DST a découvert en perquisition chez M. Hayez des valises de documents classés de la DGSE, sur lesquels il avait eu à travailler et qu'il avait conservés. Mis hors de cause dans l'affaire Dasquié, M. Hayez a été mis en examen pour détention de documents classifiés.
Guillaume Dasquié a, lui, passé vingt-sept heures en garde à vue. Les procès-verbaux sont si maigres qu'il faut bien admettre que les policiers et le prévenu ont eu de longs échanges informels.
M. Dasquié a très vite invoqué l'article 109 du code de procédure pénale qui autorise les journalistes à ne pas citer leurs sources. Les policiers n'en ont tenu aucun compte : la protection des sources couvre les journalistes témoins. Or M. Dasquié était entendu comme prévenu.
Les notes de la DGSE, rangées dans le classeur saisi lors de la perquisition chez le journaliste, ont été diffusées, selon les enquêteurs, à 31 exemplaires. M. Dasquié se défend de les avoir publiées sans précautions. "Sur les 300 pages que je détenais, a indiqué le journaliste, la diffusion de certaines d'entre elles ne présentait aucun intérêt et pouvait porter atteinte à la sécurité nationale. Alors que celles produites en fac-similé (dans Le Monde) constituaient un réel intérêt éditorial sans pour autant porter atteinte à la sécurité nationale."
Au second jour de garde à vue, le 6 décembre 2007 vers midi, Gilles Gray, sous-directeur de la DST, vient, selon le journaliste, discuter avec lui - l'entretien n'apparaît pas en procédure. M. Dasquié assure qu'ils sont parvenus "à un accord : aucune information sur la personne m'ayant remis les documents, ma source directe, et des éléments de réponse d'ordre général sur les qualifications de la personne qui a sorti les documents de la DGSE", la source indirecte.
Selon M. Dasquié, le substitut du procureur chargé de l'affaire, lui aurait, au téléphone, "confirmé le marché : détention provisoire ou un aveu". Le procureur de Paris a démenti cette version. Reste que M. Dasquié y a cru, et l'a fait noter par le juge d'instruction : "Lors de ma garde à vue, j'ai reçu plusieurs interventions consistant à me demander de ne pas me prévaloir des dispositions qui me permettent de protéger mes sources. Mes interlocuteurs m'ont indiqué que si je me prévalais de façon trop ferme de l'article 109 du code de procédure pénale, je serai placé en détention provisoire."
Le journaliste a finalement répondu, à 16 h 45, sur un petit feuillet à la question de la DST qui lui demandait qui lui avait donné la compilation de notes : "C'est Jean-Claude Cousseran, ex-directeur de la DGSE, qui l'a remise à ma source à l'automne 2006. Ma source me l'a communiquée quelques jours plus tard." M. Cousseran, que M. Dasquié n'a jamais rencontré, est ministre plénipotentiaire hors classe, et multiplie pour le Quai d'Orsay les missions en Iran, au Liban, en Syrie. La DST a paru se satisfaire de la réponse.
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Frenchelon, les grandes oreilles made in France
ZDNet- 21 juin 2000 - Danielle Kaminsky
« Nous n'avons rien à envier des Américains. Nous avons notre équivalent d'Echelon en France, notamment au sein d'une station d'écoute de la région parisienne, avec moteurs d'analyse sémantique pour trier l'information. »
Voilà en substance ce qu'affirmait un officier de la DST à quelques journalistes au début de l'année 1998.
C'est le jeu de la guerre secrète
Soit juste après le premier rapport du Parlement européen dénonçant Echelon. Que la France se soit dotée de telles capacités n'est pas une surprise. « C'est le jeu de la guerre secrète, à nous de faire comme eux et d'être aussi performants. C'est, "Je te tiens, tu me tiens par la barbichette !" Il serait malvenu de s'en offusquer ! » indiquait un espion français au journal Le Point en 1998.
C'est d'ailleurs cet hebdomadaire français qui a révélé l'existence de ce réseau de surveillance électronique, surnommé Frenchelon par les Anglo-Saxons. Plus fort : révélations confirmées à l'époque par le directeur de cabinet du ministre de la Défense...
Frenchelon a été construit au fil des ans par deux entités du ministère de la Défense : d'une part la DGSE, les services secrets au sens large, et d'autre part la Direction du renseignement militaire (DRM).
Une première liste détaillée des bases françaises de ce réseau d'écoute a été publiée par Le Monde en février dernier. Ces bases sont présentées comme rattachées à la DGSE et à sa « direction technique » (ex-GCR pour Groupement des contrôles radioélectriques). Dixit
Une quinzaine de bases françaises d'écoute
Le Monde : « Ces moyens d'interception, satellitaires ou autres, sont déployés à Alluets-Feucherolles (Yvelines), Agde (Hérault), Domme (Dordogne), Mutzig (Bas-Rhin), Solenzara (Corse-du-Sud), Saint-Barthélemy (dans les Antilles), La Réunion, Djibouti et à Mayotte (Océan indien). » La lettre confidentielle Le Monde du renseignement, le 16 mars 2000, en a compté une quinzaine, et ajoute à la liste le plateau d'Albion (Alpes-de-Haute-Provence), une commune des Pyrénées Orientales (Saint-Laurent-de-la-Salanque), et la caserne Filley à Nice. Par ailleurs, un accord avec les Émirats Arabes Unis a permis d'installer des stations d'écoute dans cette région du Golfe.
Une autre station évoquée par Jean Guisnel (auteur de l'enquête du Point), dans un ouvrage publié l'an dernier : celle « secrètement installée sur la base spatiale de Kourou [avec l'aide des services allemands], spécialement mise à profit pour surveiller les communications satellitaires américaines et sud-américaines ». Mélange des genres : Kourou est aussi cité comme base « associée » au Safe Harbor), et retourner l'argument des Européens contre eux-mêmes pourrait être une jolie tactique pour Washington...
Références
Le Point, 6 juin et 10 juillet 1998 (résumé).
Le Monde, dossier du 22 février 2000, dont l'article sur le réseau français.
Le Monde du Renseignement, 16 mars 2000, Le Secret Embarras des Français au sujet d'Echelon.
Jean Guisnel, Les Pires Amis du monde, Stock, 1999.

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Jean-Paul Ney : « La DGSE doit absolument évoluer et communiquer si elle veut recruter »
19/10/2007 - LA TRIBUNE
C’est ce qu’a révélé la semaine dernière devant les députés le directeur des affaires stratégiques du ministère de la Défense Michel Miraillet. Selon lui, la direction de la DGSE a eu dû mal à réaliser son schéma d'emploi 2007 en raison des difficultés récurrentes pour le recrutement de certains spécialistes. 80 emplois seraient vacants.
Nous avons posé quelques questions à Jean-Paul Ney, vice-président de la Commission des journalistes de la défense et des correspondants de guerre, spécialiste des questions de renseignement.
Intelink.info : Vous étiez au courant des soucis de recrutement de la DGSE ?
Jean-Paul Ney : Oui, depuis quelques temps la DGSE a du mal à recruter pour trois raisons. Premièrement elle n’arrive pas aligner ses offres de rémunération sur celles du marché, deuxièmement elle ne communique pas assez, troisièmement elle doit redorer entièrement son image ‘de marque’ auprès des civils et des militaires si elle veut attirer les meilleurs éléments.
Intelink.info : La DGSE ne communique pas assez ?
Jean-Paul Ney : A part un ou deux reportages autorisés à TF1 et France 2, depuis deux ans, rien de plus, sauf le lancement discret du site web qui est relativement complet, mais aucune communication autour. C’est un fait, la DGSE doit absolument évoluer et communiquer si elle veut recruter, les choses ont changé et la concurrence est rude.
Intelink.info : Quels types de profils la DGSE cherche-t-elle à recruter ?
Jean-Paul Ney : C’est assez compliqué et simple à la fois, les services secrets français recherchent des linguistes dans les langues rares, des spécialistes des techniques informatiques et des systèmes d'information, des ingénieurs des technologies des langages. Ca c’est pour la partie la plus importante, il est clair qu’un ingénieur informatique ne va pas sacrifier un large et confortable salaire pour une place à la DGSE dont le salaire est aligné sur ceux de la fonction publique… On peut le comprendre ! Les plus éminents spécialistes sont souvent les plus jeunes, ils maîtrisent le cryptage, les réseaux, les failles de sécurité et les techniques avancées d’infoguerre, ce n’est pas facile pour cette institution de proposer à la sortie d’une grande école un petit salaire face à de grosses sociétés et/ou groupes dont les arguments en euros font mouche, le combat est inégal.
Intelink.info : Quelle est la solution alors ?
Jean-Paul Ney : Tout d’abord, la DGSE, je le répète, doit communiquer, jouer sur la fibre patriotique, lancer un grand programme d’information et de recrutement, elle doit créer des équipes spécifiques – notamment des employés plus ou moins jeunes – pour aller faire des conférences dans les grandes écoles, pour « vendre la boite » et accrocher les jeunes étudiants sur les métiers du renseignement. Une fois certains profils accrochés, il faudra ensuite les suivre régulièrement. Les autres, la CIA, le MI-6, et même les espagnols du CNI le font très bien, pourquoi pas nous ? Ensuite, il faut réserver une partie du budget de la DGSE à l’augmentation des salaires, c’est inéluctable, la fibre patriotique c’est bien, l’argent reste quand même le nerf de la guerre.
Intelink.info : Vous avez évoqué hier lors d’un colloque sur le renseignement - où étaient présents Daniel Hervouet, contrôleur général des Armées et Bernard Besson, contrôleur général, Haut Fonctionnaire au SGDN - la possibilité que la DGSE se voit dotée d’un porte-parole, c’est toujours d’actualité ?
Jean-Paul Ney : J’ai juste remis sur la table la proposition de Bernard Carayon faite en 2003 dans son rapport à l’Assemblée Nationale. A l’époque, Carayon estimait déjà que les services de renseignement n’ont jamais eu ni la place dans l’État ni l’image dans l’opinion publique qu’ils méritent. Il a jugé indispensable que la politique de communication auprès des grandes écoles devait être significativement renforcée et avait alors proposé de créer un poste de porte-parole de la DGSE. Je défends cette idée depuis, car ayant un temps étudié la communication au sein des services américains, je trouve qu’ils sont relativement offensifs et que cela leur permet de ratisser large tout en bénéficiant d’une image de marque à haute valeur ajoutée. Non pas que nous devrions tout faire comme les américains, mais certaines idées sont porteuses et fonctionnent à merveille. La DGSE doit bénéficier aussi de ce porte-parole pour d’autres activités, le cinéma par exemple, un film sur la DGSE est en ce moment même en préparation, j’ai été consulté pour guider le réalisateur dans ses démarches, il a eu un mal fou à se faire ouvrir des portes et à comprendre le système.
Intelink.info : Revenons au recrutement, quel est le profil type recherché par la DGSE ?
Jean-Paul Ney : Tout type de profil peut intéresser la DGSE. Le souci c’est que beaucoup de candidats ne passent pas les enquêtes de sécurité ! Alors que leur profil correspond à un véritable manque dans ce service. Il suffit que vous ayez eu un souci avec la justice – ce qui peut arriver à tout le monde, surtout de nos jours – ou que vous ayez été fiché par les renseignements généraux dans le cadre d’activités politiques et/ou associatives, que vous ayez une ligne dans le STIC (le fichier des infractions constatées de la police, ndr) pour que l’aventure s’arrête net. En ce qui concerne le STIC, le problème principal est que vous y avez droit même si vous avez été blanchi par la justice… c’est le serpent qui se mord la queue ! Lors de la dernière session de recrutement en mars 2007 en région parisienne, il y avait une grande diversité dans les profils : jeune, moins jeune, homme, femme, et des gens de divers horizons, origines et métiers.
Intelink.info : Vous avez parlé de dépoussiérage de la DGSE pendant le colloque…
Jean-Paul Ney : Effectivement, la DGSE n’a pas bonne réputation même au sein des armées ! Et pour cause, c’est là qu’on peut vous envoyer pour vous punir… C’est déjà arrivé et ça arrive encore. De plus, de vieux réflexes datant de la guerre froide ressurgissent parfois et l’innovation, la prise de décisions ainsi que l’évolution peuvent en prendre un coup.
Intelink.info : Quel est le type de poste ou le travail le plus intéressant à la DGSE ?
Jean-Paul Ney : L’analyse ou le terrain, il faut choisir. Il y a des gens qui passent des heures à analyser telle ou telle situation, tel pays, tel dirigeant, ils aiment ça, ce sont de très bons professionnels, de surcroît, de véritables passionnés. D’autres sont fait pour le terrain, aller chercher le renseignement là où il se trouve, c’est soit en équipe, soit dans la majorité des cas, seul. Pour ce dernier type de profil, il faut avoir une grande confiance en soi, un calme intérieur et un pouvoir de séduction poussé à l’extrême, surtout si vous devez recruter des sources en vous « découvrant ».
Intelink.info : Beaucoup y laissent la vie ?
Jean-Paul Ney : Pas plus que des policiers, des secouristes ou des pompiers en exercice, tout est relatif.
Intelink.info : Si vous étiez nommé à la tête d’un tel service, quel serait votre premier acte en tant que tel ?
Jean-Paul Ney : Ouvrir un véritable site Internet totalement indépendant de celui du Ministère de la Défense, créer une cellule de communication, puis, avec mon porte-parole, parcourir les grandes écoles à la recherche de nos futurs meilleurs éléments. Pour le reste, la DGSE fait déjà très bien son travail, elle à juste besoin d’une petite remise en forme !
Intelink.info : Vous préparez un livre sur la DGSE ?
Jean-Paul Ney : Oui, un ouvrage de vulgarisation, en effet le peu d’ouvrages sur les services secrets et/ou la DGSE relataient des expériences personnelles ou cachent des règlements de comptes quand bien ils sont destinés aux professionnels, alors j’écris un bouquin uniquement pour le grand public, forcément !
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La DGSE investit dans 6000m2 d’informatique hi-tech
Jean-Paul Ney - 04/08/2007
Au boulevard Mortier, siège de la DGSE, l’année d’investissement et de rénovation 2007 va s’achever sur un point très positif pour le renseignement extérieur français. L’un des derniers chantiers d’informatisation du site parisien des services secrets français entre dans sa phase finale. En effet, c’est à quelques vingt-cinq mètres sous terre et sur trois niveaux que vont être installés des baies (armoires) informatiques permettant d’exploiter plusieurs phases du renseignement pour ainsi faire face au défi permanent que sont les nouvelles technologies.
Ce ne sont pas moins de 2000 mètres carrés par niveau - des salles blanches entièrement blindées - dont rien ne filtre vers l’extérieur, une cage de Faraday d’où rien ne sort, surtout ondes magnétiques et autres perturbations. L’accès ultra sécurisé de ces niveaux ne sera autorisé qu’aux ingénieurs dûment qualifiés et habilités ‘secret défense’. Actuellement vides, ces salles vont accueillir des machines qui sont appelées à devenir le cerveau hébergeant les solutions logicielles multilingues et de traitement de la DGSE. « Nous allons pouvoir travailler plus efficacement sur le recueil d’informations provenant de toutes sources, avec une présentation graphique, un système d’alerte et d'analyse de la tonalité du discours ../.. il s’agit aussi de l’utiliser pour la surveillance, la découverte et le partage d’informations, la gestion de collaborations et de connaissances sur Intranet. » précise un ingénieur du siège.
Longtemps à la traîne, les services secrets français ont su, sous l’impulsion du ministre d’alors, Michèle Alliot-Marie, se structurer efficacement pour mettre le pas sur le chemin de l’informatique appliquée à l’analyse, au stockage et à la distribution de l’information. Ces ordinateurs, utilisés en phase (en clusters, autrement dit en grappe) peuvent permettre ce qui était encore inimaginable quelques années en arrière : La recherche en langage naturel d’informations structurées ou non dans le système d’information, mais aussi l’extraction, la structuration des informations, le tout appliqué à la veille et la gestion.
Deuxième défi : Internet. Ce super-cœur multitâches permettra à plus grande échelle de puissance la surveillance de l’évolution de contenus de pages électroniques et de sites Internet, l’archivage de contenus disparus, ainsi que les alertes sur des nouvelles informations apparues : « parfois, nous avons pu observer qu’une information qui avait été imprimée et classifiée n’apparaissait plus sur la toile mondiale, c’est une façon de marquer indélébilement et numériquement l’information pour mieux la retrouver, et ce, en un temps record. » explique notre ingénieur. Cette technologie pourra aussi créer une base de données sur les forums, effectuer recherches, analyses et autres indexations de contenus images et vidéos.
La DGSE travaille depuis quelques années déjà à
un embryon de moteur de recherche et d’indexation (lexical, sémantique,
mathématique et statistique) pour une veille qui interprète
et reformule de manière pertinente les requêtes multilingues
et qui apprend à connaître les besoins de l’utilisateur
final.
Enfin ce système permettra l’indexation automatique pour la collecte,
le traitement et la diffusion de l’information à des fréquences
et sous des formes variées (papier, courriels). « Nous exploitons
déjà à petite échelle l’acquisition d’informations,
l’indexation, la classification et les résumés pour la
constitution aisée de dossiers thématiques. Le but est d’accroître
la collaboration sécurisée par courriel pour les analystes,
afin d’obtenir un rendement optimum et une compression du cycle du renseignement.
» rajoute notre guide au siège de la DGSE.
Mais pour les espions français, l’avenir c’est déjà demain : ils attendent la finalisation des test concernant les outils de simulation et d’aide à la décision de modélisation et de simulation stratégique. Autre cas sensible qui n’est pas évoqué, le budget attribué majoritairement aux besoins en cryptologie. Nos ‘casseurs de codes’ restent les employés les plus secrets de France.
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Help From France Key In Covert Operations
Paris's 'Alliance Base' Targets Terrorists
By Dana Priest, Washington Post Staff Writer
Sunday, July 3, 2005
PARIS -- When Christian Ganczarski, a German convert to Islam, boarded an Air France flight from Riyadh on June 3, 2003, he knew only that the Saudi government had put him under house arrest for an expired pilgrim visa and had given his family one-way tickets back to Germany, with a change of planes in Paris.
He had no idea that he was being secretly escorted by an undercover officer sitting behind him, or that a senior CIA officer was waiting at the end of the jetway as French authorities gently separated him from his family and swept Ganczarski into French custody, where he remains today on suspicion of associating with terrorists.
Ganczarski is among the most important European al Qaeda figures alive, according to U.S. and French law enforcement and intelligence officials. The operation that ensnared him was put together at a top secret center in Paris, code-named Alliance Base, that was set up by the CIA and French intelligence services in 2002, according to U.S. and European intelligence sources. Its existence has not been previously disclosed.
Funded largely by the CIA's Counterterrorist Center, Alliance Base analyzes the transnational movement of terrorist suspects and develops operations to catch or spy on them.
Alliance Base demonstrates how most counterterrorism operations actually take place: through secretive alliances between the CIA and other countries' intelligence services. This is not the work of large army formations, or even small special forces teams, but of handfuls of U.S. intelligence case officers working with handfuls of foreign operatives, often in tentative arrangements.
Such joint intelligence work has been responsible for identifying, tracking and capturing or killing the vast majority of committed jihadists who have been targeted outside Iraq and Afghanistan since the Sept. 11, 2001, attacks, according to terrorism experts.
The CIA declined to comment on Alliance Base, as did a spokesman for the French Embassy in Washington.
Most French officials and other intelligence veterans would talk about the partnership only if their names were withheld because the specifics are classified and the politics are sensitive. John E. McLaughlin, the former acting CIA director who retired recently after a 32-year career, described the relationship between the CIA and its French counterparts as "one of the best in the world. What they are willing to contribute is extraordinarily valuable."
The rarely discussed Langley-Paris connection also belies the public portrayal of acrimony between the two countries that erupted over the invasion of Iraq. Within the Bush administration, the discord was amplified by Defense Secretary Donald H. Rumsfeld, who has claimed the lead role in the administration's "global war on terrorism" and has sought to give the military more of a part in it.
But even as Rumsfeld was criticizing France in early 2003 for not doing its
share in fighting terrorism, his U.S. Special Operations Command was finalizing
a secret arrangement to put 200 French special forces under U.S. command in
Afghanistan. Beginning in July 2003, its commanders have worked side by side
there with U.S. commanders and CIA and National Security Agency representatives.
Organizing Alliance Base
Alliance Base, headed by a French general assigned to France's equivalent of the CIA -- the General Directorate for External Security (DGSE) -- was described by six U.S. and foreign intelligence specialists with involvement in its activities. The base is unique in the world because it is multinational and actually plans operations instead of sharing information among countries, they said. It has case officers from Britain, France, Germany, Canada, Australia and the United States.
The Ganczarski operation was one of at least 12 major cases the base worked on during its first years, according to one person familiar with its operations.
"It's really an effort to come up with innovative ideas and deal with some of the cooperation issues," said one CIA officer familiar with the base. "I don't know of anything like it."
Factions within the intelligence services of several countries opposed a multinational approach, according to current and former U.S. and European government officials who described its inception. The CIA's Counterterrorist Center did not want to lose control over all counterterrorism operations; the British service did not want to dilute its unique ties to Washington; Germany was not keen to become involved in more operations.
And no country wanted to be perceived as taking direction from the CIA, whose practice of extraordinary renditions -- secretly apprehending suspected terrorists and transferring them to other countries without any judicial review -- has become highly controversial in Europe. In Italy, 13 alleged CIA operatives are accused of kidnapping a radical Egyptian cleric off the streets of Milan in 2003.
To play down the U.S. role, the center's working language is French, sources said. The base selects its cases carefully, chooses a lead country for each operation, and that country's service runs the operation.
The base also provides a way for German case officers to read information from their own country's law enforcement authorities, sources said. German law bars criminal authorities from sharing certain information directly with their intelligence agencies.
French law, by contrast, encourages intelligence sharing among its police and security services. In fact, since the Napoleonic Code was adopted in 1804, French magistrates have had broad powers over civil society. Today, magistrates in the French Justice Department's anti-terrorism unit have authority to detain people suspected of "conspiracy in relation to terrorism" while evidence is gathered against them.
The top anti-terrorism magistrate, Judge Jean-Louis Bruguiere, has said that in the past decade, he has ordered the arrests of more than 500 suspects, some with the help of U.S. authorities. "I have good connections with the CIA and FBI," Bruguiere said in a recent interview.
In France, which has a Muslim population reaching 8 percent -- the largest in Europe -- U.S. and French terrorism experts are desperate to take terrorist-group recruiters and new recruits off the streets, and have been willing to put their own anti-terrorism laws into the service of allies to lure suspects such as Ganczarski from abroad.
"Yes, without a doubt there are some cases where we participate that way," one senior French intelligence official said.
France sent its interrogators to Guantanamo Bay to gather evidence that could be used in French court against the French detainees the United States was holding there. France is the only one of six European nations that continues to imprison detainees returned to it from the U.S. military facility at Guantanamo Bay, Cuba.
Bruguiere and other French intelligence officials like to note dryly that France first realized it had become a target of al Qaeda-style jihadists when a group of Algerian radicals hijacked an airliner with the intent of crashing it into the Eiffel Tower in 1994. They viewed the attacks on the World Trade Center and the Pentagon as another, if much larger, part of the jihadist campaign against Western civilization.
So it did not surprise many intelligence officers when, in the days after the attacks, President Jacques Chirac issued an edict to French intelligence services to share information about terrorism with the U.S. intelligence agencies "as if they were your own service," according to two officials who read it.
The steady, daily flow of encrypted messages increased. "We saw a quantitative and qualitative difference in the degree of detail in the information," said Alejandro Wolff, the second-in-charge at the U.S. Embassy here, whose portfolio includes fighting terrorism.
One CIA veteran with knowledge of the U.S.-French intelligence work estimates that the French have detained about 60 suspects since the end of 2001, some with the help of the CIA. "They do as much for us as the British and in some ways more -- if you ask them," said a recently retired senior intelligence official who worked closely with France and other European countries.
France was also an early and willing collaborator in other parts of the world, allowing the CIA to fly its top-secret, armed Predator drone, still controversial inside the Pentagon, from France's air base in the former French colony of Djibouti. Its mission was to kill al Qaeda figures on a classified CIA list of "high-value targets." On Nov. 3, 2002, CIA officers operating remote controls from the air base took their first shot, killing Abu Ali al-Harithi, the mastermind of the October 2000 attack on the destroyer USS Cole, and six others, including Ahmed Hijazi, a naturalized U.S. citizen, in a Yemeni desert.
The broader cooperation between the United States and France plays to the strengths of each side, according to current and former French and U.S. officials. The CIA brings money from its classified and ever-growing "foreign liaison" account -- it has paid to transport some of France's suspects from abroad into Paris for legal imprisonment -- and its global eavesdropping capabilities and worldwide intelligence service ties. France brings its harsh laws, surveillance of radical Muslim groups and their networks in Arab states, and its intelligence links to its former colonies.
"There's an easy exchange of information," said Pierre de Bousquet de Florian, director of France's domestic CIA, the Directorate of Territorial Surveillance, who declined to comment on specifics of the relationship. "The cooperation between my service and the American service is candid, loyal and certainly effective."
France's willingness to share its dossiers on terrorists has helped the United States make some of its most significant convictions, including those of Ahmed Ressam, who was stopped at the Canadian border on his way to attempt to blow up Los Angeles International Airport in 1999, and Zacarias Moussaoui, a Moroccan who once lived in France and is the only person in the United States to have pleaded guilty in the Sept. 11 hijacking plot.
Tension Over Iraq
In the run-up to the Iraq war, the White House drew the battle lines between countries that were tough on terrorists -- the administration included Iraq in the mix -- and those that were not. France's government believed U.N. inspections had successfully contained Saddam Hussein's development of weapons programs, and Bruguiere saw no connection between Iraq and al Qaeda. At the Defense Department, on Capitol Hill and elsewhere, many cast France's opposition to war as evidence it was a slacker when it came to fighting terrorism.
French fries became "freedom fries" on Air Force One and in congressional cafeterias. Rumsfeld prohibited general officers from telephoning their French counterparts, grounded U.S. planes at the Paris Air Show and disinvited the French from Red Flag, a major U.S. military exercise in which they had participated for decades.
Three months into the dispute, the State Department and the CIA made a case for France, citing its intelligence cooperation. Bush eventually told Rumsfeld to desist, according to two former State Department officials. Then-Secretary of State Colin L. Powell wrote a memo saying that punishing the French was not U.S. policy. A. Elizabeth Jones, the assistant secretary of state for European and Eurasian affairs, kept it on top of her desk. "I frequently needed to be able to pull it out and quote it to my Pentagon colleagues," Jones said.
But Rumsfeld persisted a year later, excluding the French Air Force from the Red Flag exercise in 2004.
Rumsfeld's symbolic jabs baffled some officials inside the Bush administration. "Most things the secretary of defense did I could understand, even if I disagreed with him," said Lawrence B. Wilkerson, former chief of staff to Powell. "On this one, it was totally irrational, even dumb."
The intelligence services tried to insulate themselves from the public fray.
"The French were very keen on demonstrating there was no drop-off at all," said Wolff, the U.S. diplomat here. "There was never any sense of this spilling over. There was an effort on both sides to compartmentalize" the differences.
The same was true for the CIA and other U.S. intelligence agencies, which report a steady, daily flow of encrypted messages on terrorism between the CIA and its French counterpart.
"The relations between intelligence services in the United States and France has been good, even during the transatlantic dispute over Iraq, for practical reasons," Bruguiere said. "If you want to have a better grasp of a difficult situation, you have to share intelligence real time."
The Ganczarski Operation
Ganczarski, a metallurgist from the industrial Ruhr district in Germany, had been radicalized by a Saudi cleric touring European mosques in the early 1990s, studied Islam on a religious scholarship in the kingdom, traveled to Afghanistan four times, trained in al Qaeda camps, met Osama bin Laden, and returned to Germany from his last trip nine days before Sept. 11, 2001.
Intelligence officials say he was part of a patient, post-9/11 al Qaeda plan to activate European converts, including failed British "shoe-bomber" Richard Reid. Ganczarski's cell phone was the last number that a suicide bomber who killed 21 people on the island of Djerba called in April 2002. Some of the casualties were French, which gave Bruguiere legal grounds to arrest Ganczarski.
On May 20, 2003, an urgent bit of intelligence was fed into Alliance Base: Ahmed Mehdi, an associate of Ganczarski, had just booked a 14-day vacation to the French island of Reunion in the Indian Ocean.
Mehdi, then a 34-year-old Moroccan who had lived near Ganczarski in Germany, was under surveillance and showing a worrisome interest in remote-control detonators. German authorities, who did not have enough evidence to arrest him or Ganczarski, believed Mehdi was planning an attack on Reunion.
Mid-level case officers working at Alliance Base met to devise a plan: They would entice first Mehdi, then Ganczarski, to France. Bruguiere would lock them up on suspicion of associating with terrorists.
The CIA arranged for an asset to suggest that Mehdi stop in Paris on his way to Reunion to surveil targets. Mehdi, Alliance Base learned from wiretaps, worried that France would not give him a visa, which he needed because he is Moroccan. On cue, the French services arranged for a visa. The Germans monitored calls and contacts there for a change of plans.
On June 1, French authorities apprehended Mehdi at Charles de Gaulle International Airport in Paris. He was sent to Fresnes Prison outside Paris. Two days later, on June 3, 2003, Ganczarski was there, too.
Unbeknownst to the two men, they were held in cells just yards from each other. Authorities used the information gained from one to question the other. Within days, Mehdi told Bruguiere's investigators about the plot, the network and Ganczarski. Investigators now believe that Mehdi has links to al Qaeda's Hamburg cell that plotted the Sept. 11 attacks and that Ganczarski associated directly with Sept. 11 architect Khalid Sheikh Mohammed.
Alliance Base's role in the operation was noted obliquely on June 11, 2003, by Interior Minister Nicholas Sarkozy. Speaking before Parliament, he said, "This arrest took place thanks to the perfect collaboration between the services of the great democracies."
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L'informatique de la DGSE, entre Linux et portables durcis
Christophe Casalegno - 01/05/2007
La DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure), les services secrets français, possède un parc informatique impressionnant qui, bien entendu, tombe sous le coup du secret défense. En termes de calcul, la DGSE possède depuis 1992 un supercalculateur